Voir l’analyse de René Guise : « Balzac et Dante ». De là vient qu'au lieu d'être dans un roman, on est dans dix, « rond-point […] d'où partent les grandes avenues que, « L'une des plus hardies inventions de l'auteur [est] de donner la vie et le mouvement à tout un monde fictif dont les personnages subsisteront peut-être encore, alors que la plus grande partie des modèles seront morts et oubliés, « un personnage reparaissant […] apparaît moins comme personnage que comme signe ou comme indice (étant) pris dans un réseau avec d'autres personnages, « Je relis dans la très belle et très complète édition que publie en ce moment la librairie Michel Lévy cette étrange comédie humaine, ce drame vivant […] c'est comme une tour de Babel que la main de l'architecte n'a pas eu et n'aurait jamais eu le temps de terminer, « Quitter ses habitudes, devenir un autre que soi par l’ivresse des facultés morales, et jouer ce jeu à volonté, telle était ma distraction. Paris est le lieu essentiel de la géographie balzacienne. Unité . » La Comédie humaine peut donc être vue comme « une encyclopédie des mille et un moyens de s'enrichir au détriment d'autrui : falsification de testament (Ursule Mirouët), escroquerie au mariage (Le Contrat de mariage), faux et usage de faux (Le Cabinet des Antiques, Splendeurs et misères des courtisanes), prévarication (La Cousine Bette), cambriolage et détournement de succession (Le Cousin Pons), détournement de fonds (Madame Firmiani), tromperie sur la marchandise (Les Petits Bourgeois), ou en matière d'opérations de bourse (La Maison Nucingen), usurpation de propriété (Le Colonel Chabert)[157] ». Enthousiasmé par son projet, il accourt alors chez sa sœur, dont il était très proche, en s'écriant : « Saluez-moi, car je suis tout bonnement en train de devenir un génie. » Roland Barthes, qui a consacré plusieurs essais à Balzac et un livre entier à Sarrasine, compte parmi les critiques enthousiastes de Balzac : « Balzac, c’est le roman fait homme, c’est le roman tendu jusqu’à l’extrême de son possible, de sa vocation, c’est en quelque sorte le roman définitif, le roman absolu[240]. ». ». Son œuvre est mise à l’Index par divers décrets datés des 16 septembre 1841, 28 janvier et 5 avril 1842. ». Est-ce une de ces qualités dont l’abus mènerait à la folie ? Il met dans la bouche de Frenhofer — qui travaille à son chef-d'œuvre La Belle Noiseuse — des idées voisines de celles qu'émet Delacroix sur la théorie des reflets et conclut que « la reproduction matériellement exacte de la nature ne donne pas un équivalent des sensations produites par elle sur nos sens[143] ». Cela n'enlève rien à l'efficacité du procédé, car « un personnage reparaissant […] apparaît moins comme personnage que comme signe ou comme indice (étant) pris dans un réseau avec d'autres personnages[73] ». Expo accessible du 9 septembre au 9 octobre, de 14h à 18h, du mercredi au dimanche. Il connaissait aussi Georges Humann, ministre et financier, originaire d'Alsace comme Nucingen[110], ainsi que le banquier Beer Léon Fould, dont la richesse provenait de faillites frauduleuses à répétition et qui faisait partie du cercle très fermé de la haute banque, comprenant les huit banquiers les plus puissants de France[111]. Pour François Mauriac, c'est un « rond-point […] d'où partent les grandes avenues que Balzac a tracées dans sa forêt d'hommes[67]. Victor Hugo et les autres, pour moi, s’effacent devant lui[235]. Le personnage de Dinah de La Baudraye dans La Muse du département est inspiré de Caroline Marbouty, qui s'était déguisée en « page » pour voyager avec lui en Italie ; vexée par la vision que l’écrivain donnait d’elle — une pâle imitation de George Sand —, Caroline a publié sous le pseudonyme de Claire Brunne un roman vengeur donnant un portrait peu flatteur de Balzac[105]. À la différence du mystique, toutefois, qui veut disparaître dans la contemplation de Dieu, Balzac cherche plutôt à posséder le monde, à acquérir la puissance et « ravir à Dieu son secret[62] ». Tout comme Hugo, il avait l'ambition de révéler les secrets de la société et d'affirmer ainsi sa maîtrise sur le monde, car « le visible est impénétrable à l'œil du profane, mais pour l'œil averti, l'invisible est la clé du visible[44] ». A “definitive edition” was published, in 24 volumes, between 1869 and 1876. Mon ouvrage a sa géographie comme il a sa généalogie et ses familles, ses lieux et ses choses, ses personnes et ses faits[175]. Hors de France, le pays de prédilection est l'Italie, qui a beaucoup inspiré Balzac, notamment Venise (Massimilla Doni), Rome (Sarrasine) et Ferrare (L'Élixir de longue vie). Il n’est pas inutile de peindre ce bazar ignoble ; car, pendant trente-six ans, il a joué dans la vie parisienne un si grand rôle, qu’il est peu d’hommes âgés de quarante ans à qui cette description, incroyable pour les jeunes gens, ne fasse encore plaisir, « se moque des nouveautés, ne lit rien et veut tout ignorer : science, littérature, inventions industrielles, « La province balzacienne est un lieu initiatique. Quant au docteur Bianchon, il soigne gratuitement les pauvres, tandis que l'avocat Derville est le type même de la probité. Il écrase tout le siècle. Il s'attache ensuite à explorer les ressorts psychologiques qui sont à la base des événements sociaux. Le principe de ces « personnages reparaissants » a été vivement critiqué par Sainte-Beuve : « Les acteurs qui reviennent dans ces nouvelles ont déjà figuré, et trop d'une fois pour la plupart, dans des romans précédents de M. de Balzac. Toutes les inventions humaines procèdent d'une observation analytique dans laquelle l'esprit procède avec une incroyable rapidité d'aperçus. » Un autre personnage du même roman, également criminel, présentait « des signes de férocité cachée : les dents mal rangées imprimaient à la bouche, dont les lèvres étaient d’un rouge de sang, un tour plein d’ironie et de mauvaise audace ; les pommettes brunes et saillantes offraient je ne sais quoi d’animal[85] ». La Touraine et les pays de la Loire occupent une place de choix[n 21]. La création du personnage balzacien se fait en trois étapes. Pour donner encore plus de force à ses portraits, Balzac met souvent ses personnages en relation avec leur environnement et excelle à démontrer « à quel point le type social est façonné par son milieu ambiant, et adapté à lui, jusqu'à faire pratiquement partie de lui et lui ressembler[81] ». Grâce à cette multitude de biographies secondaires qui se prolongent, reviennent et s'entrecroisent sans cesse, la série des Études de mœurs de M. de Balzac finit par ressembler à l'inextricable lacis des corridors de certaines mines ou catacombes. Lors de la reprise de ces romans en livre, Balzac commence par effectuer des regroupements de chapitres puis finit par les supprimer entièrement de l'édition définitive[n 28]. S’il était possible, et cette statistique vivante importe à la Société, d’avoir un dessin exact de ceux qui périssent sur l’échafaud, la science de Lavater et celle de Gall prouveraient invinciblement qu’il y avait dans la tête de tous ces gens, même chez les innocents, des signes étranges[82]. The first works of Balzac were written without any global plan (Les Chouans is a historical novel; Physiologie du mariage is an analytical study of marriage), but by 1830 Balzac began to group his first novels (Sarrasine, Gobseck) into a series entitled Scènes de la vie privée ("Scenes from Private Life"). Even when the novel was in print he would frequently introduce new variations on his theme, as successive editions appeared. Marcel Proust reconnaît lui aussi le génie de Balzac et le pastiche dans un de ses textes[237]. ». Un nombre considérable de ceux-ci — 573 précisément — réapparaissent, ne fût-ce que furtivement, dans plusieurs romans, les records en la matière étant détenus par le financier Nucingen (31 ouvrages), le médecin Bianchon (29), le dandy de Marsay (27) et l'ambitieux au cœur sec Rastignac (25)[65]. De 40 volumes en 1839, le plan monte à 145 titres en 1845, dont 85 sont déjà écrits. » À un critique qui lui reprochait de mettre en scène des caractères exceptionnels, il répond que ses romans auraient été illisibles s'il avait laissé à ses personnages « la place réelle qu'occupent dans l'état social les honnêtes gens dont la vie est sans drame[43] ». Par cette œuvre, Balzac veut faire une « histoire naturelle de la société », explorant de façon systématique les groupes sociaux et les rouages de la société, afin de brosser une vaste fresque de son époque susceptible de servir de référence aux générations futures. La province, souvent posée en contrepoint de Paris, conformément à une tradition littéraire bien établie[182], occupe une place importante dans la géographie de La Comédie humaine. Trois ouvrages seront publiés à titre posthume : Les Paysans, resté inachevé et publié en 1855 par Évelyne de Balzac, Le Député d'Arcis et Les Petits Bourgeois de Paris, tous deux terminés par Charles Rabou, selon la promesse qu’il avait faite à Balzac peu avant sa mort, et publiés respectivement en 1854 et en 1856[19]. In the autumn of 1847 Balzac went to Madame Hanska’s château at Wierzchownia and remained there until February 1848. Fasciné par Delacroix, qui l'estime au point de recopier des passages de ses romans, il crée en la personne de Joseph Bridau, peintre débutant dans La Rabouilleuse, comme « une hypostase de Delacroix[146] ». Si la France lui demeurait fermée, il était libre d’inonder la Belgique, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et même la Russie. Mon ouvrage a sa géographie comme il a sa généalogie et ses familles, ses lieux et ses choses, ses personnes et ses faits, « Il est dans Paris certaines rues déshonorées autant que peuvent l'être un homme coupable d'infamies ; puis il existe des rues nobles, puis des rues simplement honnêtes, puis de jeunes rues sur la moralité desquelles le public ne s'est pas encore formé d'opinion, puis des rues assassines, des rues plus vieilles que de vieilles douairières ne sont vieilles, « connaissait les répertoires de tous les théâtres, leurs acteurs, les journaux et les plaisanteries du moment ; elle s’était accoutumée à cette vie de continuelles émotions, à ce courant rapide où tout s’oublie. » Quant à La Comédie humaine, il la définit ainsi : « L’épopée moderne, créée en France, a pour titre La Comédie humaine et pour auteur Balzac[n 32]. Cette étude, d'abord publiée dans une série d'articles de journal en 1858[n 30], sera reprise sous forme de livre[233] et aura un retentissement durable, établissant La Comédie humaine comme « le grand monument littéraire » du siècle[231]. Quand il est porté par son sujet, il dénote un grand art pour imiter une voix et un style particuliers. Estimant que la littérature est inférieure à la musique et à la peinture, il veut l'enrichir en transposant certaines de leurs techniques. Tout en reconnaissant que le roman doit plaire, Balzac refuse l'art gratuit et considère qu'il a pour mission de « faire penser[136] ». Elle ne tendait plus le cou, ne mettait plus le nez en l’air, comme une statue de l’Étonnement, à propos des continuelles surprises que Paris offre aux étrangers. Pour l'âme, comme pour le corps, un détail mène logiquement à l'ensemble[13]. Inter partes clarissimas sunt Le père Goriot ("Pater Goriot"), La Rabouilleuse, Ursule Mirouët et Illusions Perdues. Hugo est aussi peut-être dans La Cousine Bette, le couple Hulot pouvant être une transposition du ménage de Victor Hugo (Hector Hulot) et d’Adèle Foucher (Adeline Fischer)[n 12]. Comme « peintre de son temps[98] », Balzac a produit, avec La Comédie humaine, une galerie de portraits que l’on a beaucoup cherché à comparer avec les originaux. En octobre 1843, de retour d'une visite à Mme Hańska, il fait un crochet par Dresde afin de prendre des notes en vue d'une description de la bataille qui s'y est déroulée[194]. Moi, j’aurai porté une société tout entière dans ma tête[24] ! Balzac s'est aussi intéressé aux champs de bataille napoléoniens : la bataille d'Eylau dans Le Colonel Chabert et la bataille d'Essling à laquelle participe le comte de Montcornet[191]. À la structure théologique adoptée par le poète médiéval fait place une structure sociologique. Il expose les spéculations, l'économie, les achats, les ventes, les contrats, les aventures du commerce, les inventions de l'industrie, les combinaisons de l'agiotage[126]. Il a en effet, depuis qu'il est mort une rare bonne fortune. Plus le succès de Balzac grandit auprès du public, plus la critique se fait dure et méchante. Thema dieses Romanwerks ist die französische Gesellschaft in der Zeit der konservativ-monarchistischen Restauration. Quel homme ! Après avoir, pendant sept ans, espéré faire fortune en produisant des ouvrages de littérature marchande — romans sentimentaux situés dans un cadre pseudo-historique et aux intrigues bourrées d'invraisemblances — qu'il signait sous des pseudonymes, Balzac s'oriente vers un nouveau genre de roman. Citée par, Claudine Cohen, « Balzac et l'invention du concept de “milieu” », dans. Maîtrisant l'art du mélange des voix dans le récit, il sait faire entendre le ton propre à des personnages de divers milieux[200]. Cette exigence nouvelle de vérité tardera toutefois à se faire entendre. Voir les articles Types de personnages de La Comédie humaine et Liste des personnages de La Comédie humaine. Il dépouille aussi des ouvrages de sociologie sur le monde de la prostitution. They were married in March and proceeded to Paris, where Balzac lingered on miserably for the few months before his death. C'est la loi des créations qui nous sont inférieures: ce doit être la loi des créations supérieures, « voir les choses du monde matériel aussi bien que celles du monde spirituel dans leurs ramifications originelles et conséquentielles, « possède cette vue intérieure qui pénètre tout », « provoquer en lui le rêve qui la révélera telle qu'elle est et fera comprendre au jeune homme la destinée de l'humanité, « la sphère où la Méditation entraîne le savant, où la Prière transporte l’âme religieuse, où la Vision emmène un artiste, « deux ou trois mille figures saillantes d’une époque, car telle est, en définitif, la somme des types que présente chaque génération et que, « les uns aux autres par un ciment social de hiérarchies et de professions, « carrefour où les personnages se rencontrent, se saluent, et passent. Ainsi, à Limoges, où se passe Le Curé de village, « il fallait absolument que le fleuve, frontière symbolique entre le monde de la Loi et celui de l'Amour, puisse être traversé, comme à Tours ou à Vendôme[190] ». Toutefois, la fréquence des réapparitions et le nombre de romans dans lesquels sont cités ces personnages, ne correspondent pas toujours à leur importance réelle[68]. L'argent sert d'unité de mesure romanesque pour chaque protagoniste, dont l'avoir connaît des fluctuations d'un roman à un autre[127]. Émile Faguet, en 1887, lui reprochait ses idées de clerc de notaire de province et les vulgarités de son style[241]. Quel homme ! ». Un peu de fuite en perspective fait bien. Balzac en est blessé et dit avoir « supporté tout ce que pouvaient les auteurs contre un des leurs[225] ». Paradoxalement, la province acquiert ainsi un statut littéraire qui lui était refusé jusqu'alors : « La province balzacienne est un lieu initiatique. Est-ce une de ces qualités dont l’abus mènerait à la folie ? Il avait aussi prévu que des lecteurs pourraient souhaiter disposer d'une fiche synthétique représentant le parcours biographique des personnages, afin « de se retrouver dans cet immense labyrinthe » que Zola décrit comme une tour de Babel : « Je relis dans la très belle et très complète édition que publie en ce moment la librairie Michel Lévy cette étrange comédie humaine, ce drame vivant […] c'est comme une tour de Babel que la main de l'architecte n'a pas eu et n'aurait jamais eu le temps de terminer[77]. La princesse de Cadignan, aussi appelée Diane de Maufrigneuse dans Les Secrets de la princesse de Cadignan, ne cesse d’être précisée, montrée sous tous les angles, même sous celui d'une générosité inattendue dans Le Cabinet des Antiques. Date de parution: 05/09/2018. Les plus anciennes remontent à 1830, tandis que les plus récentes datent de janvier 1848[216]. Alors on cite dans La Comédie (in)humaine les pénibles pensums 90s de Michel Crozier (l’Acteur et le système) ou un autre obscur ouvrage (Le Prix de l’excellence). Parmi les artistes, certains sont doués, mais sans les qualités morales nécessaires, tels Bixiou, Blondet, Lousteau ; d'autres sont dépourvus de volonté, tel Rubempré, ou sans don créateur, tel Claude Vignon. D’autres auteurs le suivront, jusqu’à ce que la convention franco-belge de 1853 vienne mettre un terme à cette pratique[252]. Samuel S. de Sacy, coll. » Il envisage d'explorer systématiquement tous les aspects de la société et de la vie : « Les Études de Mœurs représenteront tous les effets sociaux sans que ni une situation de la vie, ni une physionomie, ni un caractère d'homme ou de femme, ni une manière de vivre, ni une profession, ni une zone sociale, ni un pays français, ni quoi que ce soit de l'enfance, de la vieillesse, de l'âge mûr, de la politique, de la justice, de la guerre, ait été oublié[10]. Dès ce moment, sa production littéraire se révèle d'une fécondité remarquable, mais l'idée d'intégrer tous ses ouvrages dans une œuvre unique ne lui viendra que plus tard. In this he succeeded, but he went even further in his efforts to show that the human spirit has power over men and events—to become, as he has been called, “the Shakespeare of the novel.”, Balzac wrote his huge array of novels as a “social zoology” that was to show what a bloody jungle society becomes without the church and the monarchy to restrain human passions.…. share. En 1835, le conflit qui l'oppose au puissant éditeur François Buloz à propos de la vente d'un de ses ouvrages sans respect pour ses droits moraux lui vaut d'être en butte à une campagne de dénigrement sans pareille, dont les répercussions seront durables[226]. Pour ses nouvelles sur la musique (Gambara et Massimilla Doni), il étudie la musique avec un maître, tout comme il a étudié la chimie pour écrire La Recherche de l'absolu[16]. Conscient du danger, et bien avant l'apparition d'un dictionnaire de ses personnages, Balzac avait établi un modèle de fiche au sujet de Rastignac pour mieux suivre son évolution[76]. En 1839, il dit vouloir écrire « l'histoire des mœurs contemporaines. Balzac reprenait constamment ses textes. Dans Séraphîta, l'héroïne impose les mains sur le front de Wilfrid pour « provoquer en lui le rêve qui la révélera telle qu'elle est et fera comprendre au jeune homme la destinée de l'humanité[59] ». Depuis le sommet de l'aristocratie jusqu'aux bas-fonds de la plèbe, tous les acteurs de sa Comédie sont plus âpres à la vie, plus actifs et rusés dans la lutte, plus patients dans le malheur, plus goulus dans la jouissance, plus angéliques dans le dévouement, que la comédie du vrai monde ne nous les montre. Traduite en de nombreuses langues, elle est encore rééditée aujourd'hui et a souvent fait l'objet d'adaptations au cinéma et à la télévision. Lors de la publication du Père Goriot, en 1835 , le succès de librairie est à la mesure de ses attentes et le comble de joie : « Le Père Goriot fait fureur ; il n'y a jamais eu tant d'empressement à vouloir lire un livre ; les marchands l'affichent d'avance. Son jupon de laine tricotée, qui dépasse sa première jupe faite avec une vieille robe, et dont la ouate s'échappe par les fentes de l'étoffe lézardée, résume le salon, la salle à manger, le jardinet, annonce la cuisine et fait pressentir les pensionnaires[87]. ». ». Il est assez prolixe sur le sujet[164] et aborde souvent le thème du difficile, voire impossible retour à la vie civile des soldats de l'Empire[165]. La puissance de son style se manifeste aussi, comme le note Albert Béguin, dans « les innombrables analogies cachées, dont le réseau, courant sous le drame et l'intrigue, forme la véritable trame de chacun de ses romans[202] ». Expéditeur. Signe de l'importance qu'il accorde à l'économie, Balzac décrit avec précision les agissements des milieux d'affaires, de la spéculation et de la haute banque, un monde qu'il assimile, dans La Fille aux yeux d'or, au troisième cercle de l'enfer de la Divine Comédie[107]. Balzac se rendait souvent sur place pour bien observer le cadre où il placerait ses romans. De là vient qu'au lieu d'être dans un roman, on est dans dix[66] ». La comédie humaine by Honoré de Balzac, 1912, L. Conrad edition, in French / français Il corrige encore son texte quand il est imprimé, comme on peut le voir dans la page reproduite ci-contre. La Comédie Humaine fait une place notable aux dragons de la Garde impériale : Outre les dragons, il y a les grenadiers de la Garde impériale : Enfin, il y a les cuirassiers de la Garde impériale : L’œuvre présente encore de nombreux personnages au parcours militaire plus indéterminé ou qui ne sont parfois que des silhouettes comme : Balzac ne choisissait pas au hasard les lieux de ses intrigues.